Gérer les enfants lors d'une nouvelle relation

comment gérer un enfant

Vous avez passé des heures à discuter avec la personne qui vous semble être la bonne. Mais voilà venu le temps de passer aux choses sérieuses et de présenter vos enfants à votre âme sœur. Découvrez comment gérer les enfants lors d'une nouvelle relation afin d'installer la zen attitude au cœur de votre foyer. La peur de voir son nouveau conjoint rejeté par ses enfants est aujourd’hui présente chez chaque personne qui s’apprête à faire l’expérience de la recomposition familiale. Ont-ils digéré la séparation avec l'autre parent et accepteront-ils cet homme ou cette femme ? Sont-ils prêts à cohabiter avec une personne perçue comme une intruse dans leur petit cocon familial ?

Comment gérer les enfants ?

C’est un phénomène en progression constante, qui traduit notre grande difficulté à être adulte quant à savoir gérer les enfants lors d'une nouvelle relation. Quand on est père ou mère, il est important d’être à la fois libre et responsable de ses engagements. Mais ce qui se passe souvent, c’est que l’on y renonce pour se placer sous la tutelle de ses enfants ! Ce phénomène est, selon certains psychologues, une caractéristique de notre époque, et découle directement du non-respect de l’ordre des générations ce qui engendre une incompréhension. En faisant de leurs enfants, leurs référents, les parents les placent en situation d’autorité sur eux. Un renversement très angoissant pour l’enfant. D’abord, parce qu’il ne peut pas savoir ce qui est bon pour son père ou sa mère. Et ensuite, parce que lorsque sa parole a des effets sur la réalité, cela renforce son illusion de toute-puissance et peu nourrit son angoisse et sa culpabilité.

Si les parents envisagent les présentations du nouveau conjoint comme un examen de passage, avec leurs enfants dans le rôle de jurés, c’est aussi, selon certains psychanalystes, en raison d’un paradoxe bien contemporain. Les adultes d’aujourd’hui pensent qu'ils se soucient davantage des répercussions de leurs choix sur la vie de leurs enfants. D’où le fait qu’ils soient extrêmement attentifs à tout ce qui peut chahuter ces derniers. En même temps, ils pensent plus à leur épanouissement personnel que ceux d’autrefois. D’autant qu’ils sont bien conscients qu’un divorce est toujours une blessure pour eux. Alors comment passer au mieux l’épreuve de la première rencontre avec les enfants ?

Le moment idéal

C'est le moment idéal ! L’annonce de l’arrivée d’une nouvelle personne dans la vie des enfants constitue toujours pour eux, et leurs parents ne l’oublient pas, une nouvelle source de perturbation. Pour les adultes, l’après-divorce est une période transitoire. Mais pas pour les enfants, qui n’ont pas la même notion du temps et qui se sont installés dans cet “après”. Conscients de l’onde de choc que leur progéniture doit encaisser, pères et mères s’interrogent sur le meilleur timing. On commence par leur dire simplement que l’on a rencontré quelqu’un d’important, sans aller plus avant dans la confidence. Les enfants ne doivent pas avoir fenêtre ouverte sur la vie intime de leurs parents. On en dit davantage seulement lorsque le projet de vie commune se précise.

Si le bon timing participe au confort émotionnel et au sentiment de sécurité de l’enfant, il ne faut pas oublier que cette notion est subjective. « La relation parent-enfant est vivante. Elle ne fonctionne pas selon un mode d’emploi précis, on ne peut donc pas conseiller un moment idéal. Tout ce que l’on peut dire aux parents, c’est que tout changement intervenant dans la vie de leurs enfants doit être discuté, préparé et progressif.

Quant à la manière d’aborder le sujet, il n’existe pas non plus de mode d’emploi. Il y a surtout deux écueils à éviter : la solennité, car elle est angoissante et inutilement dramatique, et la désinvolture, à cause de laquelle l’enfant risque de ne pas se sentir respecté. En outre, il pourrait percevoir l’anxiété de son parent derrière ce qui peut n’être qu’une décontraction de façade.

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L'endroit idéal

Une autre question stratégique taraude les parents. Où faire les présentations ? La plupart d’entre eux misent beaucoup sur l'endroit idéal afin d’aplanir les difficultés. En réalité, l’essentiel est de laisser de l’espace à l’enfant. Un repas au restaurant, un goûter dans le salon familial, une promenade en forêt, pourquoi pas ? Tout est envisageable, à condition que l’enfant puisse échapper quand il le désire au regard anxieux ou scrutateur des adultes. Les enfants, et peut-être plus encore les adolescents, disposent de véritables antennes pour détecter le faux naturel, la fausse gaieté ainsi que toutes les manœuvres de séduction pour se faire accepter.

Certains parents attendent les vacances d’été, quand la maison familiale ouvre ses portes et que le va-et-vient des uns et des autres rend l’ambiance plus légère. Est-ce le moment pour annoncer l’élargissement de la famille ? C’est une bonne idée de profiter de cette période où l’on a du temps pour soi et pour les autres. Mais attention, on ne présente pas son nouveau conjoint à la table du petit-déjeuner après avoir passé la nuit avec lui, et l’on n’impose pas sa présence pendant toute la durée des vacances sous prétexte de mieux faire connaissance. Cette mise en garde sonne comme une évidence, mais on l’oublie parfois, tant le souci de se déculpabiliser et de banaliser l’événement peut l’emporter sur le bon sens.

Le poids des mots

Si le souci de ménager les enfants est présent chez la plupart des parents, il n’évite toutefois pas les dérapages par excès de zèle. Jean-François, 41 ans, reconnaît en avoir trop fait en listant à sa fille de 8 ans toutes les qualités de Sophie, sa nouvelle compagne. Elle l’a écouté sans rien dire et puis, tout à coup, a dit presque en pleurant que ça maman n’était pas nulle, elle aussi elle était drôle et gentille. Elle lui répondu aussi qu'elle faisait de bons gâteaux roulés. Jean-François nous à confié que cette situation lui avait servi de leçon.

Attention, donc, aux portraits trop flatteurs qui sont perçus par l’enfant comme une façon implicite de disqualifier l’autre parent. Pour se construire, l’enfant a besoin d’avoir une bonne image de ses deux parents. C’est pourquoi il vaut mieux évoquer son nouveau partenaire avec pudeur et délicatesse. On gagne toujours à en dire moins que trop. D’accord pour dire son prénom et sa profession, mais on laisse les uns et les autres faire progressivement connaissance, sans exercer de pression pour forcer la sympathie afin de laisser l’enfant ou l’adolescent digérer l’information à son rythme.

En revanche, certaines informations sont à communiquer rapidement, pour que l’enfant ne se sente pas mis au pied du mur. C’est le cas si l’on envisage une vie commune avec un partenaire qui a des enfants. Ils ne doivent pas être noyés sous un flot d’informations, ce que font certains parents en croyant les rassurer, mais ils doivent sentir qu’ils peuvent poser toutes les questions sans s’autocensurer.

Trois rôles différents pour une famille recomposée

Le père ou la mère

Mieux vaut éviter de faire l’éloge de son nouveau conjoint, car l’enfant peut entendre ce discours comme une disqualification de son père ou de sa mère. Il suffit de lui donner le nom, la profession et la situation familiale, avec ou sans enfant, de son futur beau-parent.

Les enfants

Salon familial ou ballade en forêt… Peu importe le lieu de la rencontre, à partir du moment où il peut, une fois les présentations faites, retrouver un espace qui échappe au regard anxieux ou scrutateur des adultes. Qu’il rejoigne des amis pour jouer ou qu'il regagne sa chambre seul, il a besoin d’évacuer sa tension émotionnelle à sa façon et loin des grands.

Le nouveau partenaire

Le bon comportement à adopter pour bien gérer les enfants lors d'une nouvelle relation ? Le juste-milieu... Désireux de faire bonne impression, il a parfois tendance à en faire trop. Mauvais calcul. Car, même si cette maladresse part toujours d’une bonne intention, les enfants, et plus encore les adolescents, disposent de vraies antennes pour détecter la gaieté forcée, le faux naturel, l’empathie exagérée.

Pourquoi les enfants font de la résistance

Refus de faire la connaissance du nouveau partenaire, comportement agressif, chagrin chronique… Les psys et thérapeutes familiaux sont unanimes. Ces réactions négatives, fréquentes, sont un moyen pour l’enfant de dire ce qu’il ne parvient pas à mettre en mots, voire ce dont il n’a pas conscience. Si ce défaut d’accueil doit être entendu, discuté avec l’enfant et pris en compte par le parent, ce dernier ne doit toutefois pas renoncer à son projet de vie. Reporter à plus tard les présentations, rassurer l’enfant, répondre à toutes ses questions sont des pistes pour calmer la crise. Mais le parent devra aussi dire clairement qu’il ne changera pas d’avis.

Et l'autre parent dans tous ça ?

Certains parents estiment qu’il est de leur droit de faire la connaissance de la personne qui va vivre avec leur enfant au quotidien ou seulement un week-end sur deux. Un souhait qu’il est possible de satisfaire sans que cela comporte de risques pour l’enfant, à condition que trois critères soient satisfaits.

  • La relation entre les ex-conjoints doit être apaisée, sinon le nouveau partenaire constituera un nouveau motif de conflit.
  • La rencontre ne s’impose vraiment que lorsque les deux adultes ont à se rencontrer dans des situations qui impliquent la présence de l’enfant (retour de week-end, de vacances, etc.). Sinon, l’enfant peut interpréter cette présentation comme un examen de passage, ce qui dévalorise le parent qui a refait sa vie.
  • Le parent ne doit jamais communiquer à son enfant l’impression que lui a faite le nouveau partenaire de son ex-conjoint. Cela afin que l’enfant puisse tisser une relation saine avec son beau-parent sans adopter le point de vue de son père ou de sa mère.
Publié par Jtkiff le